samedi 17 janvier 2015

L’OPEP table sur une légère hausse

 

La demande mondiale de pétrole devrait connaître une légère hausse en 2015, mais l'offre globale de brut restera excédentaire, estime l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) dans son dernier rapport mensuel publié avant-hier à Vienne (Autriche). L'OPEP, qui produit près d'un tiers du brut mondial, a relevé sa prévision de demande pétrolière mondiale pour cette année à 92,3 millions de barils par jour (mbj) contre 92,26 millions précédemment, alors qu'en 2014, la demande s'est établie à 91,2  mbj, selon le même rapport.

 

Ceci étant, la légère hausse de la demande attendue pour l'année en cours ne devra pas peser significativement sur la tendance actuelle des cours pétroliers, dès lors que l'offre restera excédentaire, selon l'OPEP, qui table ainsi sur la persistance d'un surplus de production mondiale d'«au moins un million de baril par jour» en 2015. Aussi, relève l'Organisation, «la légère hausse prévue de la demande sera virtuellement absorbée par les seuls pays non membres de l'OPEP, dont la production devrait encore croître de 1,28 mbj après un bond de 1,98 mbj en 2014». L'OPEP qui, malgré la chute drastique des cours, refuse de baisser sa production sous l'influence de l'Arabie Saoudite, souligne en outre que l'appréciation du dollar contribue également à maintenir une tendance baissière sur le cours.

 

De son côté, l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui défend, elle, les intérêts des pays consommateurs, a estimé que la chute actuelle des prix du pétrole ne suffira pas à relancer la consommation dans un contexte économique, qu'elle qualifie de «peu dynamique». Dans son rapport mensuel de janvier, repris hier par l'APS, l'AIE a maintenu ses prévisions précédentes estimant que la consommation mondiale de brut devrait atteindre 93,3 mbj en 2015 contre 92,4 mbj en 2014. Globalement, prévoit l'AIE, «une reprise des prix, sauf évènement majeur, n'est pas imminente», même si, avance-t-elle, «des signes laissent penser que le vent va tourner», notamment en termes d'évolution de l'offre dans les pays non membres de  l'OPEP. Pourtant, comparativement à son précédent rapport, l'AIE a réduit de 350 000 barils par jour sa prévision de croissance de la production dans ces pays pour l'année en cours, l'établissant désormais à un niveau de 950 000 barils, alors que la production des pays de l'OPEP devrait, quant à elle, atteindre 29,8  mbj en 2015. Depuis le mois de juin dernier, convient-il de rappeler, les cours pétroliers mondiaux ont baissé de près de  60%, passant allégrement sous la barre des 50 dollars le baril. Des pays producteurs comme le Venezuela, l'Algérie et l'Iran, fortement touchés par la crise, tentent actuellement de se constituer en front pour inciter l'OPEP à défendre la stabilité des prix, alors que l'Arabie Saoudite persiste, elle,  à rejeter l'idée d'une réduction de la production, même si le baril baissait à un niveau de 20 dollars.  

 

Axa Algérie : 2014, une autre année de performances

 

AXA Algérie affiche des résultats annuels en forte hausse. Sur l'ensemble de l'année 2014, le chiffre d'affaires de cette compagnie d'assurance a quasiment doublé par rapport à 2013. Le chiffre d'affaires d'AXA Assurance pour l'exercice 2014 a progressé à 3,9 milliards de dinars, contre un chiffre d'affaires de 2 milliards de dinars en 2013. A l'issue de sa première année d'implantation en Algérie, AXA avait réalisé un chiffre d'affaires de 634 millions de dinars. Cette performance enregistrée par les deux filiales de la compagnie (assurances dommages et assurances de personnes) attribue à AXA Algérie des parts de marché culminant au dessus de 3%. Le patron d'AXA Algérie, Adelane Mecellem, rencontré jeudi à Alger, assure que les résultats de la compagnie, bien que provisoires, sont quasi identiques aux prévisions initialement établies.

 

Les responsables de la compagnie avaient anticipé un chiffre d'affaires de 3,5 à 4 milliards de dinars. M. Mecellem estime que AXA Algérie a tous les moyens de maintenir ses résultats en progression, notamment sur la branche des assurances de personnes, étant donné que les indicateurs du marché sont encourageants. Pour le patron d'AXA, la forte progression de sa croissance sur les deux segments du marché est une bonne nouvelle, puisqu'elle suggère que les consommateurs font confiance à la compagnie. Symbole de l'innovation sur le marché algérien des assurances, la croissance des résultats d'AXA Algérie lui a permis de grignoter des parts de marché, rehaussant, par la même, d'un cran la concurrence sur ce même marché. Autre fait marquant de l'année 2014 pour la compagnie, le réseau d'AXA s'est densifié. A terme, la compagnie table sur 130 agences ouvertes, soit le double du nombre d'agences actuellement ouvertes. L'année qui vient de s'écouler a été ainsi riche également en évènements pour AXA Algérie. Pour Adelane Mecellem, maintenir la montée en cadence de la compagnie reste le défi numéro un à relever. Pour ce faire, les managers de la compagnie prévoient d'innover en matière d'industrie d'assurance, mais aussi en matière de qualité de service. AXA compte sur le succès de certains de ses services et produits. D'autres produits et projets sont actuellement à l'étude, dont certains feront leur entrée en 2015. Pour AXA, l'année écoulée a été marquée également par un portefeuille en parfait équilibre : un tiers pour l'assurance-auto, un tiers pour les entreprises et un tiers pour l'assurance de personnes. De quoi rompre avec un autre ordre traditionnellement établi chez nombre d'assureurs de la place.

 

Énergie : L’italien Drillmec décroche un contrat en Algérie

La société italienne Drillmec, concepteur et fabricant de renommée mondiale d'appareils et d'équipements de forage pétroliers,  a annoncé avant-hier avoir signé un contrat de fourniture de cinq appareils de forage de type 2000 HP AC et deux autres de type 3000 HP avec Enafor, une société de services de forage algérienne agissant pour le compte du groupe public Sonatrach.

 

La société italienne n'a pas précisé le montant de la transaction signée avec la partie algérienne. En revanche, cette commande additionnée avec un autre contrat remporté en Arabie Saoudite totalisent environ 280 millions de dollars. Les deux appareils de forage de type 3000 HP seront les premiers d'une telle puissance acquise et exploitée par Enafor, spécialement conçus et destinés pour le forage profond où existent des températures et des pressions élevées, a ajouté un communiqué de l'entreprise. Les cinq autres appareils seront plutôt destinés au forage de nouveaux puits de pétrole dans le cadre du programme d'expansion de la compagnie nationale. Le programme d'exploration et de production récemment annoncé par le ministre de l'Energie, Youcef Yousfi, prévoit le forage de nouveaux puits de pétrole et de gaz et l'achat de dispositifs spéciaux de forage pétrolier.

 

Filiale du groupe Trevi, spécialisée dans l'ingénierie et le forage souterrain,  la compagnie  Drillmec a déjà fourni d'autres appareils et équipements de forage à l'Algérie et «cette commande additionnelle confirme le succès de nos produits dans le pays», a relevé la société, dont le siège social est basé à Piacenza, dans la région Émilie-Romagne, en plein cœur du nord de l'Italie. David Trevisani, PDG du groupe Trevi, s'est dit quant à lui satisfait du développement de nombreuses commandes de sa compagnie à l'étranger. Durant le dernier trimestre de 2014, Drillmec a augmenté son portefeuille de plus de 60%, selon ce responsable. «Malgré les récentes fluctuations des prix du pétrole, nos clients continuent de choisir des produits Drillmec en mesure de fournir les meilleures solutions et les technologies les plus avancées, conçues pour l'extraction d'hydrocarbures. Le groupe enregistre depuis le début de la nouvelle année une nouvelle série de commandes et nous croyons que cela permettra d'assurer la croissance en termes de chiffre d'affaires et de marge d'exploitation», a conclu le PDG du groupe Trevi.

 

vendredi 16 janvier 2015

«Les investissements de Sonatrach pèseront sur la balance des comptes courants»

Dans cet entretien, l'ingénieur et ex-conseiller au ministère de l'Energie, le docteur Ali Kefaifi met à l'index la stratégie d'investissement adoptée par Sonatrach ces 15 dernières années, estimant qu'elle n'a pas conduit à des résultats significatifs. Il s'inquiète aussi du niveau des investissements à venir, qu'il estime anormalement élevé, et de l'impact que ceux-ci auront sur la balance des comptes courants en induisant l'importation massive de services pétroliers. - Sonatrach entend investir, au cours des cinq prochaines années 90 milliards de dollars. Pensez-vous que la compagnie dispose des moyens nécessaires pour mener ce programme de cette manière ? En réalité, ce chiffre de 90 milliards de dollars ne veut rien dire dans l'absolu, en l'absence de bilans et d'analyses de rentabilité et de compétitivité. D'abord, les investissements d'exploration des 15 dernières années, très élevés, se sont soldés par des résultats dérisoires correspondant à un taux d'environ 10% de remplacement des réserves (RRR) contre la norme de 100% (1970-1999). En outre, ce sont de «fausses découvertes» car elles ne correspondent pas à des découvertes pétrolières nouvelles mais à des réévaluations de potentiel de gisements existants. D'ailleurs, l'Institut français du pétrole (investissement E/P et raffinage - 2014) ne se trompe pas lorsqu'il annonce 40 découvertes en Afrique en 2014, dont zéro pour l'Algérie, et des découvertes supérieures à un milliard de barils (Congo, Angola, etc.) En 2014, le montant des investissements E/P dans le monde s'est élevé à 733 milliards de dollars, dont 65 milliards pour l'Afrique et 53 milliards pour le Moyen-Orient. Il existe une forte corrélation entre l'évolution des prix du pétrole et l'évolution des investissements. Ceci prouverait que les dirigeants de Sonatrach n'ont pas un comportement similaire aux dirigeants des entreprises pétrolières mondiales, confortant ainsi l'étude de l'institut James Baker III qui relègue Sonatrach parmi les dernières entreprises pétrolières du monde en termes de rentabilité. Par ailleurs, selon Apicorp, pour la période 2013-2017, sur un montant global de 740 milliards de dollars, l'Algérie vient en troisième position pour les dépenses après l'Arabie Saoudite (175 milliards de dollars), mais avant l'Iran (65 milliards de dollars) et l'Irak (55 milliards de dollars). Cette anomalie algérienne de niveaux trop élevés des investissements saute aux yeux lorsqu'on rapproche les réserves et les productions de ces pays du Moyen-Orient à celles de l'Algérie. - Si Sonatrach entend mettre à contribution des filiales, telles que l'ENTP et l'Enafor, pour mener son programme d'exploration et d'exploitation, elle devra recourir aux services d'entreprises de services pétroliers. Cela ne va-t-il pas se traduire par l'importation de services ? Sur le plan technique, la fracturation hydraulique se fera avec des importations considérables de biens et de services. Sur le plan économique, il suffit de considérer que le forage du deuxième puits de l'Ahnet a demandé plus de quatre mois contre seulement une dizaine de jours aux USA. Or, les coûts de location des plateformes de forage sont de 25 000 dollars par jour aux USA et 35 000 dollars/j dans le monde. Un petit calcul montre aisément que le coût global de production du gaz de schiste, hors coûts environnementaux, dépasserait les 15 dollars/MMBTU, voire 20 dollars/MMBTU. Le recours aux entreprises nationales algériennes rendra le gaz de schiste encore moins rentable, avec des dégâts environnementaux accrus, des effets négatifs sur la balance des comptes courants et le recours aux subventions. - Sonatrach entend mener un programme d'exploration en offshore. Cela va-t-il conduire à des résultats significatifs ? L'Algérie dispose déjà d'une expérience réalisée en 1974 (forage offshore Habibas). Ce forage était arrivé jusqu'au socle, mais sans rien trouver. Le docteur Nacereddine Kazi Tani, qui avait dirigé ce programme de forage offshore, précise que l'offshore à Béjaïa présente une probabilité quasi nulle de découverte. Ceci est corroboré par les déclarations de plusieurs cadres géologues de Sonatrach qui affirment que cette décision n'a aucun sens, mais obéit à des directives émanant du ministère de l'Energie. Alors, qui a intérêt à financer un puits coûtant 100 à 200 millions de dollars ? - Sonatrach compte investir 70 milliards de dollars sur 20 ans pour les hydrocarbures non conventionnels. Cela va-t-il conduire à une nouvelle rente ? Le chiffre de 20 000 milliards de mètres cubes de gaz de schiste est trompeur car il s'agit de réserves techniquement récupérables, mais en réalité celles économiquement récupérables sont de 2000 milliards de mètres cubes, voire nulles en considérant un coût de production de 15 à 20 dollars par million de BTU,et un prix de vente de 10 dollars/MMBTU. Sans même tenir compte des dégâts environnementaux incommensurables, le bilan financier est donc négatif et ne justifie pas cette décision. Si cette politique était maintenue, le gaz de schiste devra être subventionné, ce qui constitue une aberration lorsque l'on sait que l'Algérie s'achemine vers une très grave crise financière à l'horizon 2017. Pis, les ressources de l'industrie minière dans la roche-mère silurienne sont extraordinairement rentables et nous permettraient d'éviter et d'ignorer complètement la fracturation hydraulique et le gaz de schiste. En plus, elles permettront de créer des milliers d'emplois, en premier lieu pour nos frères et sœurs du Sud algérien.



Alger et Caracas sans influence

La tournée de Nicolas Maduro dans les pays producteurs se terminera en Russie, dernière étape pour essayer de faire remonter les cours du brut. C'est sans doute l'entrevue de la dernière chance ! Le président du Venezuela et le Russe Vladimir Poutine se rencontreront aujourd'hui à Moscou pour ce qui devrait être l'ultime tentative de trouver un moyen susceptible de faire remonter les cours du pétrole. Après trois escales qui l'ont conduit à Téhéran, Riyad et Alger, le périple de Nicolas Maduro s'est soldé par zéro solution, sinon par de multiples divergences entre membres de l'OPEP. Le président du Venezuela a quitté Alger sur une note désespérante : il y a absence de consensus au sein de l'OPEP quant à la nécessité d'agir sur le prix. C'est Nicolas Maduro qui l'a dit, à l'issue d'une entrevue avec Abdelaziz Bouteflika. Quoi qu'il arrive donc, les pays membres de l'OPEP ne prévoient aucune réunion avant juin 2015. En Russie, un pays aussi affecté par la baisse des cours du brut que le Venezuela, l'Algérie et l'Iran, Nicolas Maduro chercherait une réaction chez l'un des plus grands producteurs non-OPEP. Ainsi donc, les réunions entre producteurs de pétrole s'enchaînent pour essayer de trouver une solution à la crise des prix du pétrole. Mais le consensus n'y est pas, pour l'heure. On est donc encore très loin d'un accord, tant les avis divergent au sein même de l'OPEP. Le temps presse et les pertes s'accumulent. Si la chute se prolonge au-delà du premier semestre 2015, des pays producteurs perdraient jusqu'à 50 milliards de dollars de recettes. Hier encore, les prix du pétrole brut étaient légèrement en baisse en cours d'échanges européens, cherchant une direction avant l'annonce des stocks de brut américains. Vers 15h, le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en février valait 46,48 dollars sur l'InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 11 cents par rapport à la clôture de mardi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance valait 45,67 dollars. A très court terme, les prix de l'or noir devraient continuer à être sous pression, notamment avec l'annonce des stocks américains qui pourraient augmenter. Une seule consolation pour les pays producteurs : la courbe des prix sur les marchés à terme affiche des prix supérieurs de 10 dollars aux cours actuels dans une année. Autrement dit, vers la fin 2015 et/ou le début de l'année 2016, la fourchette des prix serait de 55-60 dollars le baril. Cet ajustement des pronostics offre une lueur d'espoir aux pays producteurs ne disposant pas d'amortisseur budgétaire. Plusieurs Etats sensibles à la chute des prix du pétrole, dont l'Algérie et le Venezuela, sombrent déjà dans les déficits. Pierre Terzian, directeur de Pétrostratégies, contacté par El Watan, n'est pas de ceux qui croient que la dégringolade des cours affectera gravement les producteurs de pétrole cher à extraire. Ceux-ci, d'après lui, peuvent se couvrir sur les marchés à terme en vendant à l'avance leur production à des tarifs supérieurs aux prix actuels, ce qui les rend moins sensibles à la baisse des cours. Ceci dit, si l'acharnement saoudien à laisser chuter les prix obéit réellement à une logique de guerre contre le schiste américain, le succès d'une telle stratégie est bien aléatoire. Autrement, l'autre hypothèse selon laquelle Saoudiens et Américains sont dans une position de va-t-en guerre contre les Iraniens et les Russes serait le raisonnement tout à fait logique. Les dommages collatéraux ne sont pas pris en compte.

 

La BM préconise des réformes budgétaires

Les faibles prix du pétrole doivent inciter les pays en développement, producteurs et importateurs de brut, à entreprendre des réformes structurelles susceptibles d'accroître leurs ressources budgétaires. C'est ce que la Banque mondiale (BM) recommande, en substance, dans son dernier rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales, publié hier à Washington. La chute du prix du pétrole, prévoit l'institution de Bretton Woods, se maintiendra en 2015 et «fera des gagnants et des perdants». Dans ce contexte, analyse Ayhan Kose, directeur du groupe d'études des perspectives de développement de la Banque mondiale, la baisse des cours du brut «entraînera d'importants rééquilibrages des revenus réels des pays en développement exportateurs et importateurs de pétrole». Ces faibles prix, estime le même expert, «permettent, aux exportateurs, comme aux importateurs, d'entreprendre des réformes susceptibles d'accroître les ressources budgétaires et de favoriser l'atteinte de vastes objectifs environnementaux». Dans ce même ordre d'idées, le président de la BM, Jim Yong Kim, a exhorté les pays en développement à œuvrer judicieusement «à déployer leurs ressources pour soutenir les programmes d'action sociale, en ciblant particulièrement les pauvres et en menant des réformes structurelles investissant dans les ressources humaines». Selon lui, «il est également essentiel que les pays lèvent tous les obstacles à l'investissement du secteur privé», car, a-t-il dit, «ce dernier est de loin la première source d'emplois...». Analysant les perspectives économiques dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA), dont fait partie l'Algérie, la Banque mondiale souligne notamment que les risques liés à l'instabilité régionale et à la volatilité du prix du pétrole sont considérables, tandis que les transitions politiques et les problèmes de sécurité persistent. De même, déplore l'institution financière internationale, «les déséquilibres budgétaires et extérieurs» dans la région «restent importants», tandis que «les mesures visant les défis structurels à long terme ont été reportées à maintes reprises et le fort taux de chômage continue d'être un grave problème». Ceci étant, la BM table, dans ses projections à court et moyen termes, sur une amélioration progressive de la croissance économique dans la région, indiquant que celle-ci va augmenter jusqu'à 3,5% en 2017, contre 1,2% en 2014, alors que l'économie mondiale devrait, elle, croître de 3% cette année, de 3,3% en 2016 et de 3,2% en 2017. 



Naftal veut construire une raffinerie des huiles industrielles usagées

La Société nationale de transport et de commercialisation  des produits pétroliers (Naftal) envisage de mettre en place une unité de raffinage des huiles industrielles usagées lesquelles sont, jusqu'à maintenant, exportées, a indiqué, jeudi à Alger, le ministre de l'Energie, Youcef Yousfi. 

 

         La Société nationale de transport et de commercialisation des produits pétroliers (Naftal) envisage de mettre en place une unité de raffinage des huiles industrielles usagées lesquelles sont, jusqu'à maintenant, exportées, a indiqué, jeudi à Alger, le ministre de l'Energie, Youcef Yousfi.          "Naftal étudie actuellement la possibilité de créer une raffinerie pour  le traitement des huiles (industrielles) usagées", a indiqué M. Yousfi lors  d'une séance de questions orales au Conseil de la Nation. En attendant, a-t-il tenu à préciser, le pays continuera à exporter  ces huiles usagées vers des marchés internationaux. Questionné lors de cette séance sur le fait que l'Algérie  perd annuellement des quantités considérables d'huiles usagées issues notamment  des activités pétrolières, le ministre a fait savoir que Naftal récupère annuellement  18.000 tonnes de ces huiles. Il a ajouté que l'investissement dans le raffinage des huiles usagées  était ouvert, et ce, depuis 1996.        

 

  En outre, le ministre a indiqué qu'un programme ambitieux pour la construction  de plusieurs raffineries pétrolières était en cours d'exécution par son département  ministériel, faisant savoir que des offres techniques sont en cours d'évaluation  pour la réalisation de nouvelles raffineries dont l'une sera implantée dans  la wilaya d'Illizi. Ces réalisations vont permettre, selon M. Yousfi, de satisfaire entièrement, dans quelques années, les besoins du marché national en carburants notamment  et, même, d'en dégager un excédent qui sera destiné à l'exportation.          Invité à donner des explications sur la fermeture de la raffinerie d'In  Amenas (Illizi) après six ans d'exercice alors qu'elle avait été mise en service en 1980, le ministre a relevé que les pouvoirs publics avaient  pris la décision de son arrêt en 1986 après avoir constaté un mouvement du sol  ayant causé des fissures dans la structure de la raffinerie et les habitations  de proximité, écartant ainsi toute réouverture de cette installation. Il a, toutefois, indiqué que le groupe Sonatrach étudiait la possibilité  de déplacer cette raffinerie ou quelques unes de ses unités vers une autre  région plus stable et sécurisée.         

 

 

Par ailleurs, M. Yousfi a indiqué que la production du complexe gazier de Skikda, qui avait subi une explosion en 2004, avait atteint 13 millions  de m3 à fin décembre 2014, confirmant le renforcement des capacités de  ce complexe.  



jeudi 15 janvier 2015

La licence d’importation n’est pas une panacée

Le retour des licences d'importation décidé lors du dernier Conseil des ministres «n'est pas du tout un moyen» susceptible d'encadrer le commerce extérieur, encore moins de réduire la facture des importations, selon Ali Bey Nasri, président de l'Association nationale des exportateurs algériens (Anexal). «C'est un moyen qui peut protéger certaines filières de la production nationale, mais ce n'est pas du tout une solution pour réguler et encadrer le commerce extérieur et surtout réduire la facture des importations», a souligné, hier sur les ondes de la Radio nationale, Ali Bey Nasri. Selon lui, il y a une «menace» sur la balance des paiements. L'Algérie a terminé l'année 2014 avec une facture de près de 60 milliards de dollars d'importations sans compter celle des importations des services qui s'élève à 12 milliards, a-t-il rappelé. La mise en place des licences d'importation n'est pas pour autant contradictoire avec l'accord d'association avec l'UE qui prévoit ce type de «mesures de défense», a fait savoir M. Nasri. Celui-ci a relevé que la réduction de la facture des importations ne doit «en aucun cas s'exonérer de la promotion de la substitution aux importations». C'est-à-dire encourager la production nationale. Au chapitre des filières à protéger, l'invité de la radio a cité l'agroalimentaire, les matériaux de construction, l'électroménager et les textiles. D'après lui, le gouvernement gagnerait davantage à s'attaquer aux transferts de devises opérés par le moyen des importations des services. «Concernant le fret maritime, nous payons une ardoise de 5 à 6 milliards de dollars par an. Nous avons donné des ports secs à des compagnies maritimes étrangères qui sont une pompe à transférer la devise ad vitam æternam (jusqu'à la fin des temps). Pourquoi, on ne donne pas des ports secs à des Algériens ? Au moins que le dinar reste chez nous !» s'est-il interrogé.