La tournée de Nicolas Maduro dans les pays producteurs se terminera en Russie, dernière étape pour essayer de faire remonter les cours du brut. C'est sans doute l'entrevue de la dernière chance ! Le président du Venezuela et le Russe Vladimir Poutine se rencontreront aujourd'hui à Moscou pour ce qui devrait être l'ultime tentative de trouver un moyen susceptible de faire remonter les cours du pétrole. Après trois escales qui l'ont conduit à Téhéran, Riyad et Alger, le périple de Nicolas Maduro s'est soldé par zéro solution, sinon par de multiples divergences entre membres de l'OPEP. Le président du Venezuela a quitté Alger sur une note désespérante : il y a absence de consensus au sein de l'OPEP quant à la nécessité d'agir sur le prix. C'est Nicolas Maduro qui l'a dit, à l'issue d'une entrevue avec Abdelaziz Bouteflika. Quoi qu'il arrive donc, les pays membres de l'OPEP ne prévoient aucune réunion avant juin 2015. En Russie, un pays aussi affecté par la baisse des cours du brut que le Venezuela, l'Algérie et l'Iran, Nicolas Maduro chercherait une réaction chez l'un des plus grands producteurs non-OPEP. Ainsi donc, les réunions entre producteurs de pétrole s'enchaînent pour essayer de trouver une solution à la crise des prix du pétrole. Mais le consensus n'y est pas, pour l'heure. On est donc encore très loin d'un accord, tant les avis divergent au sein même de l'OPEP. Le temps presse et les pertes s'accumulent. Si la chute se prolonge au-delà du premier semestre 2015, des pays producteurs perdraient jusqu'à 50 milliards de dollars de recettes. Hier encore, les prix du pétrole brut étaient légèrement en baisse en cours d'échanges européens, cherchant une direction avant l'annonce des stocks de brut américains. Vers 15h, le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en février valait 46,48 dollars sur l'InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 11 cents par rapport à la clôture de mardi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance valait 45,67 dollars. A très court terme, les prix de l'or noir devraient continuer à être sous pression, notamment avec l'annonce des stocks américains qui pourraient augmenter. Une seule consolation pour les pays producteurs : la courbe des prix sur les marchés à terme affiche des prix supérieurs de 10 dollars aux cours actuels dans une année. Autrement dit, vers la fin 2015 et/ou le début de l'année 2016, la fourchette des prix serait de 55-60 dollars le baril. Cet ajustement des pronostics offre une lueur d'espoir aux pays producteurs ne disposant pas d'amortisseur budgétaire. Plusieurs Etats sensibles à la chute des prix du pétrole, dont l'Algérie et le Venezuela, sombrent déjà dans les déficits. Pierre Terzian, directeur de Pétrostratégies, contacté par El Watan, n'est pas de ceux qui croient que la dégringolade des cours affectera gravement les producteurs de pétrole cher à extraire. Ceux-ci, d'après lui, peuvent se couvrir sur les marchés à terme en vendant à l'avance leur production à des tarifs supérieurs aux prix actuels, ce qui les rend moins sensibles à la baisse des cours. Ceci dit, si l'acharnement saoudien à laisser chuter les prix obéit réellement à une logique de guerre contre le schiste américain, le succès d'une telle stratégie est bien aléatoire. Autrement, l'autre hypothèse selon laquelle Saoudiens et Américains sont dans une position de va-t-en guerre contre les Iraniens et les Russes serait le raisonnement tout à fait logique. Les dommages collatéraux ne sont pas pris en compte. |
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vendredi 16 janvier 2015
Alger et Caracas sans influence
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